Pourquoi les cailloux bougent ils ?!
Nous avons vu dans des articles précédents , les précisions et les limitent des systèmes de localisation par satellites GNSS.
On pourrait s’en tenir là, et se dire que si notre GPS nous donne un point avec une précision de 10 mètres par exemple, je peux me localiser à 10 mètres près … et bien pas tout à fait. Tout d’abord, s’il dit 10 mètres, il faut comprendre +- 10 m, ce qui fait déjà 20 m. C’est à dire que l’on serait dans un cercle de 10 m de rayon par rapport au point affiché.
Il y a aussi toutes les perturbations que l’on peut imaginer :
- Nombre de satellites au moment de la mesure
- Position des satellites dans le ciel au moment de la mesure
- Phénomène météo qui peut perturber la propagation des ondes, et donc le calcul associé
- Perturbations liés à l’environnement (bâtiments, relief …), certes très limité en mer, mais pas au port
Mais, le principal facteur d’imprécision ne vient sans doute pas de votre appareil, mais d’autres éléments.
Le référentiel
Tout d’abord, il faut utiliser le même référentiel entre le GPS (GNSS) et la carte, le ‘datum’. Aujourd’hui, le système WGS84 est très souvent utilisé pour nos applications. Mais regardez bien vos cartes papier, certaines sont encore référencées en ED50 ou un autre référentiel. L’écart entre WGS84 et ED50 est d’environ 150 mètres, avec des variations possibles selon la localisation géographique.


Pour ceux qui veulent creuser les systèmes de référence : https://geodesie.ign.fr/realisation-dun-systeme-de-reference-terrestre
Le format des coordonnées
Ensuite, utiliser le même formatage des valeurs. Couramment, nous utilisons les positions en degrés, minutes et dixième de minutes (DDM). Mais certains parlent en degrés, minutes et secondes (DMS).
J’ai assisté en VHF à un dialogue entre le bateau de la SNSM et un hélicoptère de l’armée qui cherchaient une personne présumée à l’eau. Il y a eu quelques minutes de confusion puisqu’ils n’étaient pas sur le même format des coordonnées.
Pour faire les conversions : https://mylocationmap.com/fr/gps-coordinates-converter/
Utiliser des cartes à jour
Autre point majeur et trop souvent oublié, la précision à laquelle les cartes ont été établies.
Nous avons des appareils très précis, et nous reportons des points de façon manuelle sur une carte papier, ou de façon automatique sur une carte électronique. Mais ces cartes ne sont pas toujours (et même rarement) aussi précises que notre mesure de point. C’est la chaîne point + carte qui donne la précision globale. Un point précis sur une carte qui ne l’est pas n’est pas fiable.
Il va sans dire que plus les cartes sont anciennes, plus l’incertitude dans les sondes et la localisation des dangers est grande. Cette localisation étant effectivement faite avec les moyens de l’époque.
Regardez de près vos anciennes cartes ‘papier’ … on en trouve encore parfois comme celles-ci dans les tables à cartes !

Exemple : Nous sommes dans le Sud des Glénan, et on voit cette épave sur la carte.

Regardons de plus près grâce à la cartographie vectorielle (ici avec qtVlm)

Sa position est à + – 100 mètres, donc si on trace un cercle de 100 m de rayon autour de cette épave, elle peut être n’importe ou dans ce cercle.

On comprend alors que se positionner à 10 m près n’empêche pas d’être dessus (ce qui n’a pas obligatoirement de conséquence ici, mais cela pourrait être une roche plus dangereuse …).
Le SHOM (pour la France) fait régulièrement des campagnes de mesure afin de re-cartographier les zones de navigation. Les cartes sont alors mises à jour. Il est primordial de naviguer avec des cartes à jour. Ceci est vrai pour ce qu’il y a sous l’eau, pour les raisons évoquées ci-dessus, mais aussi pour ce qu’il y a sur l’eau avec notamment de nouveaux ‘obstacles’ comme les parcs éoliens par exemple.
D’où l’intérêt d’utiliser des cartes vectorielles plutôt que des cartes Raster. On y reviendra dans d’autres articles.
Pour finir, une archive trouvée (sans trop chercher) à bord d’un autre bateau :

On imagine facilement que les moyens de positionnement de l’époque n’étaient pas aussi précis que ceux actuels. C’est ainsi que l’on peut se rendre compte qu’au fil du temps, les cailloux bougent !









