Depuis quelques années, une tendance de fond s’impose clairement dans le monde de l’électronique marine : l’inter-connectivité généralisée des équipements de bord. Pilote automatique, anémomètre, speedomètre, traceur, GPS, AIS, capteurs moteur, batteries… autrefois relativement autonomes, ces appareils sont désormais conçus pour communiquer entre eux, mais aussi avec des services externes via Internet.
Cette évolution transforme profondément la manière de naviguer, de surveiller son bateau et même de vivre sa croisière.
Parler le même langage : un enjeu clé
Pour que cette inter-connexion fonctionne, encore faut-il que les équipements puissent “se comprendre”. Or, dans le monde nautique, plusieurs protocoles coexistent :
- NMEA0183 : historique, simple mais limité en débit
- NMEA2000 : aujourd’hui le standard le plus répandu, basé sur le CAN bus
- Seatalk / Seatalk NG (Raymarine)
- Topline (NKE)
- etc …
Deux grandes approches existent alors :
- Des appareils multilingues, capables de gérer plusieurs protocoles nativement
- Des passerelles ou traducteurs, qui font l’interface entre des équipements parlant des langages différents
Ces passerelles jouent un rôle central dans l’architecture moderne du bord : elles agrègent les données (vent, vitesse, position, cap, profondeur, état des batteries…) et les redistribuent vers d’autres appareils, tablettes ou ordinateurs. Un exemple : la passerelle PITUFINO.

L’accès à Internet à bord : la clé des services modernes
Une fois les équipements interconnectés localement, l’étape suivante consiste à ouvrir le réseau du bateau vers l’extérieur, c’est-à-dire Internet.
Les solutions disponibles dépendent largement du programme de navigation :
- 4G / 5G : idéale en côtier, économique et performante
- Iridium : couverture mondiale, fiabilité éprouvée, débit limité
- Starlink : pratique pour la navigation hauturière, avec des débits élevés (en attendant les solutions concurrentes …)
L’accès à Internet permet alors d’exploiter une multitude de services en ligne :
- Météo en temps réel
- Téléchargement de fichiers GRIB actualisés
- Images satellites
- AVURNAV et avis locaux
- Informations portuaires
- Mises à jour logicielles et cartographiques

Routeur et passerelle : le cœur du réseau de bord
Dans cette architecture, un point est fondamental : la passerelle NMEA doit pouvoir se connecter au routeur Internet du bord.
Le routeur (4G, Starlink, satellite…) fournit l’accès Internet, tandis que la passerelle :
- collecte les données du réseau NMEA
- les diffuse en Wi-Fi ou Ethernet
- permet leur accès depuis des applications comme qtVlm, OpenCPN, TimeZero, Expedition, etc.
Résultat : depuis la table à cartes ou une tablette dans le cockpit, il devient possible de suivre sa navigation en temps réel, avec les instruments du bord, tout en téléchargeant les dernières prévisions météo via les fichiers GRIB.
Des usages concrets, au-delà de la navigation
Cette connectivité ouvre aussi la porte à des usages très concrets, parfois ludiques, parfois rassurants.
Par exemple :
- Surveiller son bateau à distance, lorsqu’il est au mouillage et que l’équipage est à terre
- Consulter le niveau des batteries, la charge solaire ou l’état du parc électrique
- Vérifier les conditions météo dans le port, si les capteurs restent alimentés
- Être alerté en cas d’anomalie (tension basse, mouvement suspect, intrusion…)
Ces fonctions sont particulièrement appréciées par les propriétaires laissant leur bateau sans surveillance de façon prolongée.
Le cloud et le suivi à distance en grande croisière
Pour la grande croisière ou la navigation au long cours, une autre fonctionnalité devient précieuse : l’envoi des données de navigation vers le cloud.
La position, la route suivie ou certaines données de bord peuvent être partagées automatiquement avec des proches restés à terre. Ceux-ci, munis des accès nécessaires, peuvent :
- suivre la progression du bateau (fonction tracker)
- être rassurés en cas de navigation hauturière
- recevoir des nouvelles sans multiplier les messages
Un vrai plus, à la fois pour la sécurité et pour le lien avec ceux qui suivent l’aventure depuis la terre ferme.
Références :
- Normes NMEA 0183 / NMEA 2000 – National Marine Electronics Association
- Solutions de passerelles NMEA-WiFi (Pitufino)
- Accès Internet maritime : Starlink Maritime, Iridium , routeurs 4G marinisés
- Logiciels de navigation compatibles réseau (qtVlm entre autres …)









