Les fichiers Grib (dont nous avons déjà largement parlé ici ou là, ou encore dans le dernier article sur les Grib et l’IA) sont de plusieurs types et nous allons faire un zoom sur les modèles océaniques qui génèrent les données de courant. Pour nos navigations, seules les données de surface sont à considérer (ou alors vous naviguez en sous-marin ?!).
Le serveur de Grib Meltemus utilisé entre autres par le logiciel de navigation qtVlm donne accès à des fichiers très intéressants. En voici trois exemples :
Le fichier de courant ‘Hydrographic’ du SHOM, le fichier AMM15 de la météo anglaise (UK Met Office) et le fichier MARS2D de l’IFREMER.
Comparatif de ces trois fichiers Grib de courant
| Critère | SHOM Hydrographic | UKMet Office AMM15 | Ifremer MARS2D |
|---|---|---|---|
| Source | Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (France) | Met Office (Royaume-Uni) | Ifremer (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer) |
| Zone géographique | Littoral français (Manche, Atlantique, Méditerranée) | Mer du Nord, Manche, Atlantique Nord-Est (AMM15 = Atlantic Margin Model 1.5 km) | Littoral français (Manche, Atlantique, Méditerranée), avec focus sur les zones côtières |
| Résolution spatiale | Variable (jusqu’à 1 km en zones côtières) | 1.5 km | Variable (700 m jusqu’à 250 m en zones côtières pour MARS2D) |
| Résolution temporelle | Heures à journalière (selon produit) | Heures (prévision jusqu’à +5 jours) | Heures à journalière (selon configuration) |
| Profondeur | Multi-niveaux (surface à fond) | Multi-niveaux (surface à fond) | Multi-niveaux (adapté aux zones peu profondes) |
| Fréquence de mise à jour | Quotidienne à hebdomadaire (selon produit) | Quotidienne (4x/jour pour les prévisions) | Quotidienne à horaires fixes |
| Variables disponibles | Courants (U/V), température, salinité, niveau de la mer | Courants (U/V), température, salinité, niveau de la mer, vagues | Courants (U/V), température, salinité, niveau de la mer, vagues, sédiments (pour MARS2D) |
| Modèle physique | Modèle hydrodynamique (ex: HYCOM, ROMS) | Modèle NEMO ( Nucleus for European Modelling of the Ocean) | Modèle MARS2D (Modélisation Appliquée à la Recherche en Sédimentologie) |
| Avantages | Précision locale, adaptée aux besoins français, intégration avec d’autres produits SHOM | Haute résolution, couverture étendue, fiabilité pour l’Atlantique Nord | Très haute résolution côtière, intégration des processus sédimentaires, adaptée aux études locales |
Comparatif en visuel
Choisissons une zone : ici devant la Rochelle, entre l’ile de Ré au Nord et l’ile d’Oléron au Sud.

Affichons les courants des différents modèles :
- En noir le SHOM Hydrographic
- En bleu le UK Met Office AMM15
- En Marron L’IFREMER MARS2D



Il est à noter que les modèles AMM15 et MARS2D présentent des données très près des cotes, ce qui manque sur le modèle Hydrographic. Cela peut être intéressant pour faire des routages ‘rase cailloux’ (pas trop près quand même …).
Grossissons les flèches et faisons défiler les heures :
On observe donc que les flèches de courant se superposent une majorité du temps. Cependant, aux périodes de transitions (inversion du courant), les directions indiquées peuvent être différentes.
Après cette vision globale, prenons un point particulier (par exemple au milieu du pertuis), et utilisons la comparaison à l’aide du météogramme. On obtient ceci :

On remarque que le modèle AMM15 (mauve) présente des vitesses hautes supérieures aux autres. A l’inverse, le modèle IFREMER (vert) à des vitesses hautes inférieures. Pour les trois modèles, les vitesses basses sont quasiment identiques. Les directions (en pointillés) sont globalement similaires, mais divergent quelque peu lors de certaines zones de transition. Ceci est confirmé avec les zooms suivants:


Choisir son modèle
Alors, comment sélectionner le bon modèle ?
Tout dépend de votre zone de navigation et de vos observations.
Pour des routages précis, privilégiez les fichiers les plus fiables et détaillés. Les logiciels modernes permettent de comparer les prévisions avec les mesures réelles. Ils donnent aussi la possibilité d’exploiter plusieurs modèles simultanément afin de comparer les résultats, un atout majeur, que ce soit en régate ou en croisière.
Le choix final revient toujours au skipper, à son expérience et à son sens marin… et c’est tant mieux.
Bon vent et bonnes navigations !










